Scène Rap Toulousaine : Vol.3

Voilà le retour de « La Scène Rap Toulousaine ». Eh oui, il n’y a pas que Bruxelles et Paris dans le rap francophone aujourd’hui, dans le sud aussi ça bouge ! Ayez l’oreille aiguisée, car les artistes présents dans cet article sont aussi talentueux que différents. Vous y retrouverez Fortes Têtes, avec Kaïah et Hich, pour une ambiance Underground, les trois jeunes hommes de P-Haze, plutôt trap et  contemporains, et enfin le sans-gêne Captain Thi. Suivez cet article, regardez la vidéo liée, et laissez-vous vous faire transporter dans leurs univers.

 

 


Fortes Têtes : Kaïah + Hich

Si vous suivez ce qui se passe sur la scène rap toulousaine, et traînez un peu dans les évènement hip-hop underground de la ville rose, vous avez forcément déjà entendu ces noms ou vu ces têtes. Fortes Têtes est une entité réunissant des personnes autour d’une même passion : le rap. On y trouve Angel, qui est un très bon musicien, spécialisé dans la guitare, et Hich et Kaïah, deux rappeurs et « hommes à tout faire ». Au gré des rencontres, leur attrait pour la musique a fini par les réunir. Ils ont alors décidé de créer Fortes Têtes, de grandir indépendamment dans le milieu, étant donné qu’ils réalisent aussi bien eux-même leurs instrumentales, que le mix final de leurs morceaux.

Kaïah, 22 ans, rap depuis maintenant 9 ans, mais s’y est mis sérieusement il y a 6 ans. Le MC écoutait beaucoup de reggae étant jeune, mais également du rap américain. Il s’est aussi grandement nourri d’une large sélection de rap, qu’il compare à une « encyclopédie de rap folle », présente sur un disque dur qu’on lui avait donné.

Hich, de son vrai nom Hichem, quant à lui rap depuis maintenant 2 ans. Avant ça, Ishem écrivait beaucoup, et ça se ressent dans ses textes, tout comme dans ceux de Kaïah, qui semblent monstrueusement réfléchis. Ayant découvert le rap à l’adolescence, de manière assez commerciale avec Rim’K ou encore Soprano, Hish met aujourd’hui dans son jukebox des artistes comme Sopico, attestant du fait que « aujourd’hui, on trouve plus de trucs bien faits ».

L’entité Fortes Têtes porte bien son nom, puisque l’investissement et la détermination de ses membres sont conséquents. Le processus de production de leur musique est contrôlé par eux de A à Z, mis à part les instrumentales qui sont de temps en temps faites par des personnes comme La Cantina, étant tout de même liées au collectif. Hich et Kaïah enregistrent dans un home studio qui est installé chez Kaïah, masterisant aussi les sons. Assez acharnés, les garçons bossent avec rigueur. « On peut pas lâcher le truc une semaine, sinon après on est rouillés », explique Kaïah. Après tout ce processus demandant beaucoup de temps pour sortir un morceau, les rappeurs kiffent plus que tout monter sur scène. Ils estiment que c’est une des bases du rap, de kicker, de freestyler, et de tout donner.

Plus boom-bap que trap, ce n’est pas par manque de compétence que Hich et Kaïah n’ont pas fait naître des morceaux trap. Au contraire, c’est plus une décision leur permettant d’étudier plus ce genre d’instru, très répandue, et de faire quelque chose de très propre si ils sortent un son trap.  Même s’ils n’ont jamais rien sorti sur ce genre de prod lentes, ils freestyle ou écrivent tout de même dessus.

Kaïah à sorti le 29 novembre « Écran Noir », deux mois après la sortie de « Illustre Inconnu » par Hich le 28 septembre. Tous les projets de Fortes Têtes sont disponibles sur leur chaîne YouTube.

 

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P-HAZE : Cel + Lucky + Fleo

 

Albi, Paris ou encore Toulouse, ce groupe de trois MC’s gravite entre trois villes, et c’est donc trois fois plus de chances d’en entendre parler. Entre 19 et 21 ans, les jeunes rappeurs nous offrent majoritairement des trap assez égotrip, à base de kickage, comme dit Fleo dans Fleotape « J’kick sans but ».

 

Les trois amis ont commencé à rapper il y a plus ou moins quatre ans, au lycée. Ils ont attendu d’être un peu meilleurs pour se lancer réellement et partager les sons. Ainsi, ils sont concrètement rentrés dans le rap jeu il y a à peu près un an et demi.

L’histoire du groupe est un peu complexe, dispersée entre Albi Toulouse et Paris, et leur rencontre s’étale entre le primaire et le lycée. Ils ont tout les trois décidé de créer P-Haze, d’abord parce qu’ils partageaient la même passion, mais aussi car rapper chacun de leur côté ne leur aurait pas apporté. « On s’aide, on s’oriente, on s’inspire » expliquent-ils. Quand l’un d’entre eux est bloqué sur un texte, un autre peut l’aider en trouvant une phase par exemple.

Leurs influences sont variées, et c’est sûrement ça qui fait aussi la force du groupe. Eminem, Dr. Dre et IAM ont été des influences importantes pour la construction de la culture rap de Lucky et Fleo, bien que cette liste ne soit pas exhaustive. Ce dernier nous cite aussi SCH, qu’il écoute beaucoup. Cel, quant à lui, a commencé à écouter du rap avec Diam’s comme beaucoup d’enfants de cette génération. Quoi que ce soit, les P-Haze ont grandi dans le rap, et ne l’ont pas lâché.

Pour ce qui est de la construction de leur musique, les trois MC’s essayent de travailler avec des beatmakers qu’ils connaissent bien. Dans le cas contraire, ils optent pour un type beat. Ils enregistrent dans des studios professionnels, ce qui leur permet de ne pas avoir à faire le mix et le mastering. Mais le P-Haze n’est pas que du son, c’est aussi de l’image, et ils y tiennent. Le visuel est très important. Ainsi, ils collaborent avec une de leurs amies qui est dans le cinéma, les aidant beaucoup pour les clips.

Restez connectés, P-Haze arrive bientôt avec un nouveau clip. Pour ne rien rater, suivez-les sur les réseaux, et surtout sur Soundcloud où beaucoup de choses se passent.

 

 

 

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Captain Thi

 

À presque 20 ans, Captain Thi, étudiant en musicologie à Toulouse, a décidé de tenter sa chance dans la musique. Et ce n’est pas pour nous déplaire. En effet, Thibault, de son vrai nom, s’applique dans son art, et le maîtrise vraiment bien. Il vit ses morceaux, et sa passion pour la musique se ressent énormément. Focus sur ce jeune rappeur, qui n’a pas fini de vous surprendre.

 

 

Captain Thi a commencé le rap en écrivant. Au collège, il avait déjà une belle plume, et sa professeure de français l’a poussé à écrire. Plus tard, en 3ème, lors d’un atelier de slam à l’école, son professeur de musique lui a trouvé un certain talent, et l’a poussé à monter sur scène. Ne voulant pas au départ, Thi s’est laissé convaincre quand il lui a dit « tu t’en souviendras toute ta vie ». Après cette prestation, le Captain continue d’écrire du slam, car ça lui plaisait. À 15 ans, alors qu’il écoutait pas mal de rap, il s’est mis à écrire des textes de rap. Voilà ses tous premiers pas dans ce domaine dans lequel il maîtrise aujourd’hui un grand nombre des subtilités. Il s’est adonné sérieusement au rap, c’est à dire à kicker dans les temps, et à acquérir un peu de technique, il y a un an et demi, suite à sa rencontre avec HDR et Alphonse, deux membres de l’entité Carré Noir.

Aujourd’hui, Captain Thi considère son rap comme un exutoire, une sorte de confessionnal, et quelque chose d’assez divers. Assez trash dans certaines phases, il ne trouve pas son rap violent, et ne fait pas du rap pour les gens, mais pour lui. « Si mon rap plait et que les gens se reconnaissent dedans, tant mieux, je suis content », explique-t-il. Une inspiration qui semble inépuisable, il admire surtout Booba et Nekfeu, notamment pour la carrière, et les monstres qu’ils représentent dans le rap, mais aussi Sadek.

Captain Thi est un rappeur à suivre, aussi bon en freestyle en soirée qu’en studio. une mixtape arrivera courant 2018. Affaire à suivre…

 

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