Scène Rap Toulousaine : Vol.1

Résidente toulousaine, j’ai découvert dans cette ville quelques rappeurs méritant plus de visibilité qu’ils en ont aujourd’hui. Cet article a alors pour but de vous faire découvrir des artistes très prometteurs qui pourraient vous plaire.

Une vraie scène rap s’est développée dans la ville rose, les talents sont réels et la solidarité entre eux aussi. Ces rappeurs n’hésitent pas à faire des radios ensemble, comme Good Morning Toulouse, des open-mics, ou encore des featurings. J’ai alors sélectionné 4 talents toulousains : Liksa, 4 Sang, Banlieue Toulousaine, Com’Dab. Bien sûr, ce ne sont pas les seuls, et je vous invite à fouiller un peu!

 


Liksa :

 

J’ai interviewé Liksa dans un café Toulousain, accompagné de son backeur Selass. Ces deux MC’s roulent ensemble depuis quelques mois et font leurs scènes ensemble. Liksa vient du Gers, et après avoir essayé la fac à deux reprises, il a décidé de se consacrer entièrement à la musique afin de faire de sa passion son métier, réalisant que c’était la seule chose qu’il voulait vraiment faire.

 

Liksa a commencé à écouter du rap en seconde et s’est mis à rapper plus ou moins 1 an après. Le rappeur s’est cependant tourné vers la musique assez tôt, puisqu’avant de se lancer dans ce domaine, il jouait déjà de la guitare et chantait. Après s’être aventuré vers plusieurs styles musicaux, c’est alors le rap qui a gardé toute son attention. Les premiers artistes rap qu’il ait vraiment écoutés sont Eminem, l’ayant vraiment choqué dans sa technique, et 1995 avec notamment Nekfeu mettant en place des textes travaillés et rythmés de multisyllabiques et autres techniques. Ayant toujours ressenti le besoin d’écrire depuis petit, cette envie s’est accentuée durant son adolescence car selon lui, c’est la période de notre vie durant laquelle on peut avoir beaucoup d’émotions à retranscrire.

On remarque dans certains sons de Liksa, comme « Comment veux-tu », qu’il utilise les multisyllabiques, à bon escient, mais le rappeur cherche plus aujourd’hui à travailler sur un flow plus saccadé et un peu trap, comme on peut le voir sur «TLMH» sorti en décembre 2016. Cependant, c’est assez important pour lui de ne pas faire des textes dénués de sens au profit de la technique, et le MC a le mérite d’avoir dans ses sons un bon équilibre entre ces deux facettes, que je qualifierai de complémentaires.

Sur scène, Liksa et Selass mettent le feu. Ils parviennent bien à faire participer le public et le faire bouger comme il faut. Si vous avez l’occasion d’aller le voir, foncez!

Ce qu’il écoute en ce moment : du Deen Burbigo, du Ash Kidd, et du rap ricain.

Ses scènes à venir :

  • 30 mars 2017, 21h : Le Rex, Toulouse (1ère partie de Hamza)
  • 31 mars 2017, 20h : Le Metronum, Toulouse (Tremplin Décroche Le Son)
  • 1er avril 2017, 20h : Théâtre Municipal, Muret
  • 3 avril 2017, 19h30 : MJC, Castanet-Tolosan
  • 8 avril 2017, 19h : Espace Boris Vian, La Salvetat Saint-Gilles

Le suivre :

 


Banlieue Toulousaine :

 

Banlieue Toulousaine est un tandem de rap composé de Rotex et Lucas. Les deux toulousains de 20 ans ont commencé à rapper ensemble en 2014. Ce sont deux styles et deux horizons assez différents qui se rassemblent dans ce groupe, et c’est certainement ce qui fait sa force.

Les membres :

  • Lucas a été bercé par Iam et NTM depuis l’époque du primaire. Il s’est finalement diversifié dans ses influences au fil du temps et aujourd’hui écoute beaucoup d’artistes, de Heskis à Booba en passant par Deen Burbigo. Lucas a, comme Rotex, trouvé un style bien à lui et parvient à s’approprier chaque instru utilisée. Le rappeur aborde des thèmes assez variés, allant de ses potes, comme dans Vie d’Squad, à des propos plus engagés, avec Système. Il n’hésite pas à donner son point de vue sur le monde qui nous entoure sur des prods trap, le caractérisant dans le tandem. Une bonne technique et des textes travaillés, Lucas « devient de plus en plus lourd » dans ce rap, comme il le dit dans Forme, fond, flow en featuring avec 100blaz et CalvR de la Fabrique de Prose. En ce moment, Lucas s’oriente plus vers des rappeurs tels que Josman, Freeze Corleone, ou encore Tengo John, et se bute aux Grünt.
  • Quant à Rotex, lui, a commencé écouter du rap avec Eminem, 50 cent ou encore Tupac, mais s’est vraiment intéressé au rap français avec L’entourage. Son rappeur préféré étant Guizmo, ses influences restent diverses et il admire aussi bien Booba pour sa carrière que Jul pour sa productivité. À l’écouter, Rotex respecte beaucoup les rappeurs d’aujourd’hui, et son coup de coeur des 2 dernières années reste PNL. Le rappeur progresse rapidement au fil des sons, et son dernier morceau TD10 témoigne du bon niveau qu’il a acquérit au fil des années, tout comme Dragon. Un voix parfaitement calée sur la prod et des punchlines aiguisées, TD10 a largement mérité ses 22k vues. En fac d’économie, le rappeur ne sait pas vraiment ce qu’il voudrait faire, mais lucide, il répond que vivre de la musique serait un kif ultime mais qu’il faut éviter de trop rêver. Rotex est, vous l’avez compris, un rappeur plutôt prometteur à garder à l’œil.

Le groupe a participé au tremplin Emergenza en 2016, et est allé jusqu’à Bordeaux pour représenter Banlieue Toulousaine. Ils ont donc eu l’occasion de jouer au Bikini, une des salles toulousaines les plus populaires, et ont créé leur morceau BIKO pour l’évènement qui est aujourd’hui leur morceaux le plus écouté sur YouTube avec plus de 40 000 vues.

Banlieue Toulousaine a récemment lancé une campagne de financement collaboratif avec Ising afin de financer la production et la promotion de leur EP. Ils ont atteint leur objectif de 400€, mais il est encore possible de les aider à rendre la diffusion de leur EP plus efficace en cliquant juste ici.

Les suivre :

 


Com’Dab :

 

Com’Dab est un groupe de rap composé de 2 MC’s, Lewis et Ice, et de leur beatmaker Wan’R. Ice et Lewis viennent de Tours, sont arrivés à Toulouse il y a 3 ans, et ont commencé à rapper ensemble il y a 8-10 ans. Les 3 garçons ont entre 26 et 28 ans et se consacrent presque uniquement à la musique.

 

Des sons dynamiques et de l’autodérision, comme dans C’Genre 2 Gars, ponctuée d’une pincée d’égotrip, sur On Dit Pas N**** Ta Mère par exemple, leur musique donne la pêche et nous fait kiffer facilement. Même sur des sons avec des thèmes moins rigolos, comme J’ai Pas La Monnaie, ils arrivent à mettre une touche d’humour en chantant le refrain sur l’air de I Know What You Want de Busta Rhymes, chanson plutôt envoutante. Ils qualifient eux-mêmes leurs sons de « poliment vulgaires », avec des paroles plutôt douces comparées à leurs intentions. Un groupe assez éclectique, c’est sans doute le mélange des influences et des cultures de chacun qui donne ce rendu explosif. Leurs textes et leur côté galérien et flemmard m’a un peu fait penser aux Casseurs Flowteurs.

Les membres :

  •  Wan’R, le beatmaker, a plus été influencé par le rap ricain de la westcoast, et la scène parisienne en terme de rap français, mais écoute aussi du rock comme Sum41 , et au niveau du rap français, est en ce moment sur du Sofian. Il roule avec Ice et Lewis depuis 2 ans et demi maintenant.
  • Ice, blaze faisant référence au basket, est plus basé sur le rap eastcoast des États-Unis, mais écoute aujourd’hui beaucoup de grime, comme l’artiste Stormzy par exemple. Des punchlines efficaces, Ice maîtrise les figures de style sans négliger pour autant son flow prenant.
  • Quant à Lewis, inspiré de Parker Lewis, celui qui ne perd jamais, ses écoutes ont plus été menées par les musiques des Caraïbes ou d’Afrique, mais il écoute aussi du rap français comme Vald dont il a saigné l’album. Une voix plus grave que Ice, Lewis enchaine ses punchs de façon fluide et ses phases sont parfaitement calées sur les beats de Wan’R.

Au niveau des clips, Com’Dab était sur du fait maison, mais fait maintenant appel à des professionnels afin d’avoir un rendu plus propre, et être fiers des bébés qu’ils balancent, comme le dit Wan’R.

En 2014, Ice et Lewis ont eu l’occasion de faire la première partie de Joke à Tours, une scène qui reste gravée dans leurs mémoires. Ils sont aujourd’hui en liste pour jouer au Sziget festival à Budapest, la sélection se fait au niveau du nombre de votes. Donc chaque vote compte. Pour les soutenir, il suffit de liker la page Facebook du Sziget Festival FR, d’aller dans l’onglet « Tremplin 2017« , le dernier onglet sur la gauche sous la photo de profil, choisir le groupe  » Com’dab  » et enfin remplir le formulaire obligatoire. Ça prend 45 secondes chrono en main et en plus, c’est gratuit!

Com’Dab a déjà sorti deux EPs, un en 2012 qui s’appelle D’Monday A Sunday, et un cette année : C’Genre 2 Gars. Ces deux projets sont disponibles sur Soundcloud, et C’Genre 2 Gars est également sur Bandcamp.

Ice, Lewis et Wan’R sont très drôles, et vous aurez l’occasion de découvrir cet humour si vous écoutez leurs EPs! Bref, ces deux garçons ont un réel talent, et Wan’R, le beatmaker, fait également un travail de chef sur leurs projets. Com’Dab mérite largement votre attention!

Les suivre :

 


4 Sang :

4 Sang a un univers bien à lui et parvient facilement à nous le faire partager. C’est du rap que l’artiste nous offre, mais ses tonalités de voix nous font par moments penser à du reggae, un monde finalement pas si éloigné du rap. Le MC ose imposer son style et ne se contente pas des codes habituels, mais les revisite naturellement.

À 22 ans, après une licence à la Sorbonne, le parisien est aujourd’hui en école de journalisme à Toulouse. À long terme, il souhaiterait lier la musique à son métier, comme par exemple en montant une radio.

4 Sang s’est pris d’amour pour le rap en CE2, avec Eminem, grâce notamment à ses performances. Au collège, l’artiste se met à rapper tranquillement avec ses potes, en se clashant à la base. Puis, il se prendre au jeu, et s’implique plus amplement dans le rap. Ayant des influences aussi bien rap que reggae, ses morceaux sont atypiques mais plaisants.

Je comprends dès les premières minutes de l’interview la place très importante qu’occupe la musique dans sa vie, ainsi que son besoin de rapper et d’écrire des textes venant des tripes. Quand je lui demande ce qui l’inspire, il me répond d’ailleurs que le rap ne s’inspire pas mais s’expire.

4 Sang donne également une grande importance à ses clips. Ayant fait des études dans le cinéma auparavant, il écrit lui-même les scénarios et en discute avec ses potes qui réalisent ses clips afin de créer un accompagnement imagé propre à ses sons. Il travaille notamment sur ses clips avec Mims, qui réalise aussi certains clips de Lord Esperanza, avec qui 4 Sang a d’ailleurs fait un featuring.

Il parvient très bien à transmettre son énergie dans sa musique, même sur des thèmes plus sombres comme Vision Nocturne il parvient à faire ressortir ce dynamisme. Ses textes sont d’ailleurs assez divers, puisqu’il peut aussi bien y exposer sa vision du monde, que de parler des dimanches passés après une soirée arrosée à Paris dans Le Jour du Seigneur.

Le rappeur a déjà sorti un EP, MC Seyron, et un maxi, Curieux. Il est actuellement en train de travailler sur un EP trap.

Le maxi Curieux, sorti en 2016, est disponible sur les plateformes de streaming comme Spotify et Deezer, mais aussi sur iTunes, alors filez écouter ça!

Le suivre :

 

2 pensées sur “Scène Rap Toulousaine : Vol.1

  • Ping :INTERVIEW : Liksa - Embryon - Dans ton Jukebox

  • 24 juin 2019 à 10:10
    Permalink

    Banlieue Toulousaine

    Inaudible, des gamins qui ne connaissent rien de la vie et qui donnent des leçons en se prenant pour Scarface
    Fiasco total a la fête de la musique.
    Ont fait fuir tout le monde .

    Villemur peut en témoigner

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