Nelick, le grand enfant du rap

Nelick, grand enfant du rap, était en concert le 2 février au Rex de Toulouse en compagnie de son fidèle allié Lord Esperanza, Majeur Mineur, mais aussi Chilla et Senamo. L’artiste a marqué l’actu rap en ce début d’année 2018 par la sortie de sa KiwiBunnyTape le 19 janvier. Nous en avons profité pour lui poser des questions sur sa musique, mais surtout pour comprendre son univers.


 

Dans Ton Jukebox : Ça fait maintenant deux semaines que la KiwiBunnyTape est sortie. Tu es content de la manière dont elle a été accueillie ?

Nelick : Carrément ! Les kiwis (nom donné aux « fans » de Nelick) ont grave kiffé, et ça a atteint plus de monde que d’habitude. Je suis content, parce que plus il y a des gens qui écoutent ma musique, mieux c’est, plus je kiffe la faire.

 

DTJ : Comment doit-on qualifier ton projet ? C’est un EP, une Mixtape ?…

N : Mixtape ça fait plus « truc que t’as enregistré chez toi ». Je pourrais dire que c’est un EP, mais en fait c’est la KiwiBunnyTape, c’est tout.

 

DTJ : D’ailleurs, le nom de ce projet, d’où sort-il ?

N : Ça vient de ma passion pour les kiwis et des dents de lapin que j’avais quand j’étais petit.

 

DTJ : On voit que t’as une espèce d’obsession avec le Candy Up, déjà sur ta cover, mais aussi dans tes textes. 

N : Oui, c’est nostalgique ! Quand j’étais petit, ma grand-mère donnait toujours du Candy Up à mes cousins et moi, après j’avais arrêté d’en boire. Ma mère a commencé à en racheté, et je suis retombé dedans, c’est trop bon. J’ai commencé à mettre des story avec, les gens ont trouvé ça cool.

 

DTJ : Chocolat ou fraise ?

N : Chocolat… Enfin ça dépend. Le chocolat c’est le matin, fraise c’est l’après-midi.

 

DTJ : Ton univers dans la KiwiBunnyTape est assez enfantin dans certaines sonorités, ta façon de rapper par moment, mais les thèmes abordés ne le sont pas forcément. C’était une vraie volonté de mettre un univers enfantin dans ce projet ?

N : Oui, l’univers enfantin, je pense que c’est ce qui me caractérise un peu. Même avec mes potes, tout le monde me dit que je suis un enfant, que je ne suis pas mature etc… Il y a 20 minutes je voulais prendre une bière pour aller au restaurant, l’organisatrice m’a dit que c’était pas possible, et Majeur Mineur a dit « c’est un enfant il n’est jamais allé au restaurant, c’est pour ça ». C’est un peu l’histoire de ma vie. J’ai un côté quand même mature. Je suis un peu bipolaire sous certains angles, au niveau de la maturité. 

 

DTJ : Les clips ont l’air super importants pour toi. Et les tiens sont rétro-futuristes je trouve. C’est important pour toi de s’investir dans les clips, les visuels aujourd’hui ?

N : Je pense que c’est primordial. Si tu arrives avec un bon son et que le visuel est moche, qu’il n’a rien d’original ou qu’il ne te ressemble pas… C’est un peu apporter quelque chose. Je calcule pas mes clips en me disant « je vais faire un clip comme ça, parce que ça va être conceptuel, les gens vont trouver que je suis un génie ». J’aime bien faire ce qui me ressemble et ce que j’ai envie de faire. Vu que c’est moi qui les fais la plupart du temps, ou que j’ai un vrai regard dessus, j’essaye d’apporter ma touche à moi.  Je me dis que ma musique je la fais spontanément, donc mes clips je dois les faire spontanément aussi. 

 

DTJ : D’ailleurs ta musique, comment tu la qualifierais aujourd’hui ? Parce que c’est rappé, c’est chanté…

N : J’ai l’impression qu’il y a des sons qui sont grave grand public. Je fais des intrus avec Jagger, mon producteur, et après je fais des sons, c’est comme ça, je ne sais pas du tout comment les définir.

 

DTJ : Finalement c’est pas si mal de pas pouvoir les définir, ça t’évite de te mettre dans tes cases.

N : Oui grave, je préfère ça.

 

DTJ : La KiwiBunnyTape, elle est hyper fraîche. Même si certains morceaux peuvent être sombres dans leur contenu, les titres peuvent te mettre de bonne humeur. En plus, ça sort en plein milieu de l’hiver, mais quand on l’écoute, on a l’impression d’être en plein été.

N : Merci, c’est exactement le but de ce projet. C’est de donner du plaisir aux gens quand ils écoutent la musique, qu’ils se sentent contents. Moi j’ai deux manières d’écouter la musique. Soit je la survole, je kiffe juste la vibe, soit j’écoute vraiment en m’attardant sur les émotions qui sont dans le son. Je pense que les deux écoutes peuvent être vraiment différentes. Si tu as envie de juste kiffer en écoutant de la musique, tu la survoles. La musique c’est comme le Candy Up, il y en a pour tous les goûts et pour toutes les périodes.

 

DTJ : T’as un côté assez mélancolique dans la KiwiBunnyTape par moment, par exemple sur 10 décembre. C’est un peu thérapeutique d’écrire ce que tu ressens ?

N : Carrément, c’est comme ça que j’ai commencé en fait. J’ai commencé en faisant du rap drôle, avec des punchlines de merde pour faire marrer mes potes, mais aussi du rap grave personnel. J’ai vraiment fait du rap pour extérioriser quelque chose quand j’étais plus jeune, et je pense que maintenant encore j’en ai besoin. Ce genre de textes, je les contrôle pas trop. Les autres morceaux que je fais, c’est important de les faire pour les autres, mais ces morceaux plus personnels, c’est important de les faire pour moi.

 

DTJ : Explique-nous un peu le délire autour de OCEAN 2022, OCEAN 2017 et OCEAN 2077? C’est quoi cette trilogie OCEAN ?

N : Chaque date représente des dates un peu clef pour ma vie et ma carrière. Déjà, le premier son, OCEAN 2022, s’appelait OCEAN de base, parce que je voulais vraiment un délire de profondeur, un peu un délire aquatique. J’ai rajouté 2022 parce que j’aurais 25 ans en 2022. C’était pour dire que quand t’as 25 ans et que tu n’as toujours pas réussi dans la musique, ou du côté relationnel avec les filles, ou avec tes potes, tu dois te remettre en question. Dans ma tête, si à 25 ans tu es seul dans ta vie, tu resteras seul toute ta vie. Donc 2022 c’est une date clef. OCEAN 2017, c’était parce que 2017 est l’année où je me suis dit que je me mettais vraiment à faire du rap. Au final ça a marché, c’est fou. Après, OCEAN 2077, c’est quand j’aurais 80 ans. Il y a un autre aspect, c’est qu’en 2077, l’océan sera grave dégradé. Dans mes sons, je parle souvent d’autodestruction, et on peut aussi ressentir ça. Plus l’océan avance, plus il est grand, mais plus il est sale. J’avoue quand j’ai écrit je pensais pas à tout ça ! À force qu’on me pose la question maintenant je trouve des trucs de ouf ! Mais bon ça a un sens quand même.

 

DTJ : Qu’est-ce qui t’as donné envie de faire de la musique, comment tu t’es mis à faire du rap ?

N : Au début c’était thérapeutique. Je pense que j’ai choisi le rap pour la facilité. Mais si je savais chanter, j’aurais peut-être choisi autre chose. Après c’est bien le rap, je kiffe, j’écoute quasiment que ça.

 

DTJ : Tu continues les cours en plus à côté ?

N : Oui, je suis en deuxième année de DUT Technique de Commercialisation à Paris. Pour l’instant ça se concilie pas trop avec la musique, je suis à fond dans les concerts. Il me reste trois mois, j’ai le seum de pas finir. Je devrais arrêter le rap pendant 3 mois, mais y a la tournée. On va faire comme on peut.

 

DTJ : Comment t’as rencontré Lord Esperanza ?

N : On faisait un open mic à l’ancienne, il y a 4 ans, et en fait il savait pas rapper. Il avait commencé à rapper, et tout le monde se moquait de lui, lui jetait des trucs dessus. Après il est sorti de l’open mic, il pleurait devant, il me disait « personne aime ce que je fais, je fais vraiment de la musique de iencli ». Je lui ai dit « mais non, t’inquiète, si tu veux je peux t’aider à faire du son ». Je l’ai un peu pris sous mon aile. C’est moi qui ai créé son personnage Lord Esperanza, pour qu’il puisse percer. (Blague de Nelick)

 

DTJ : On va revoir un projet PALA$$ bientôt ou pas ?

N : Oui je pense, sûrement en 2019, enfin pas en 2018 en tous cas. 

 

DTJ : Le site s’appelle Dans Ton Jukebox. Tu mets quoi dans ton jukebox aujourd’hui ?

N : Je mets Andy Luidje, avec son projet UNIVERS qui sort le 16 février, je l’ai déjà dans mon Jukebox d’ailleurs. J’écoute aussi Austin Skinner, il est pas connu du tout, il fait du rap aux States. Ah je dois dire trop de gens, je pense à tous mes potes qui vont me dire derrière « ah t’as pas dit mon blase ». Le Sid aussi, avec Swipe, incroyable. Le Sid c’est un des meilleurs artistes rap français, vous ne le connaissez pas encore mais vous êtes vraiment pas prêts. C’est un truc de malade ce qu’il fait. Après… je mets la KIWIBUNNYTAPE !

 

 

Marie Sineux

 

 

 

Crédit photo : John Sot

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